En novembre 1959, Truman Capote, auteur de Breakfast at Tiffany's et personnalité très en vue, apprend dans le New York Times le meurtre de quatre membres d'une famille de fermiers du Kansas. Ce genre de fait divers n'est pas rare, mais celui-ci l'intrigue. En précurseur, il pense qu'une histoire vraie peut être aussi passionnante qu'une fiction si elle est bien racontée. Il voit là l'occasion de vérifier sa théorie et persuade le magazine The New Yorker de l'envoyer au Kansas. Il part avec une amie d'enfance, Harper Lee. A son arrivée, son apparence et ses manières provoquent d'abord l'hostilité de ces gens modestes qui se considèrent encore comme une part du Vieil Ouest, mais il gagne rapidement leur confiance, et notamment celle d'Alvin Dewey, l'agent du Bureau d'Investigation qui dirige l'enquête...
Le film retraceLe film retrace la genèse du roman "De sang froid", le roman à succès de Truman Capote.
C’est l’histoire d’un crime, un fait divers atroce, qui va entraîner une rencontre, qui engendrera « le » livre de sa vie ! Tout le film est construit autour de l'énigmatique écrivain.
Sa personnalité est complexe et évolue à mesure que son travail d'écrivain progresse. Je n’ai rien lu de cet écrivain, je ne connaissais que son nom et c'est typiquement le genre de film qui repose à 90 % sur les épaules de l'interprète principal, en l'occurrence Philip Seymour Hoffman. J’ai été conquise par sa performance d’acteur oscarisé pour ce rôle ! Son interprétation est marquante, à la fois agaçante et attachante. Il réussit en effet l'exploit de ne jamais être caricatural alors que le danger de la surenchère était permanent dans l'incarnation de ce personnage très atypique.
Par un simple coup d'oeil, un geste anodin, une façon de repositionner ses lunettes, de déboutonner sa veste, une intonation, c'est au détour de chaque plan une démonstration de grande classe qui enrichit le caractère supposé de l'écrivain interprété. Tout le film est centré autour de Truman et son obsession pour Perry Smith, dont il ne veut qu'une chose en fait, c'est "lui faire cracher l'morceau" !
Le film s'efforce de décortiquer la relation qu'il peut exister entre un écrivain et la réalité.La personnalité complexe, voire perverse de Capote et la question de savoir jusqu'à quel point le créateur peut-il sacrifier sa vie et celle des autres à son oeuvre.
Capote dérange. Parce qu’il est mégalo et tourmenté. Parce qu’il est fasciné par un acte criminel impardonnable. Parce qu’il se lie d’amitié, malgré lui, avec l’assassin tout en le manipulant pour parvenir à ses fins. Parce qu’il met tout en œuvre pour que cet assassin vive afin de raconter son histoire, puis l’abandonne car la dépendance à cet homme devient insoutenable ! Terrible paradoxe qui fait basculer Capote dans d’effroyables angoisses et en font un personnage insupportable et pathétique. Ce sera le début de sa déchéance
Malgré quelques longueurs, ce film est assez déroutant (cf la ressemblance physique) et m’a donné l’envie de lire son livre…
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